• 05.06.2019

    Elle me parlait d’amour, de ce poison qui me fend l’âme, elle me parlait de mon propre drame. Et en me parlant de cet amour, ses yeux venaient se poser sur moi, et moi dans les silences de sa voix je fonds, je touche le fond. Elle me parlait d’amour, des folies de Lancelot, de vidas de troubadours. Elle me racontait un amour de loin, volait les mots de ma bouche, en ignorant cette ardeur qui me touche et ce feu qui m’embrase lorsque ses mots me touchent. Elle avait cette grâce quand elle en parlait, une douceur qui faisait que ses mots sonnaient plus vrais, comment m’en vouloir, si je la croyais ? Comment m’en vouloir, lorsqu’elle me parlait du héros qui prend ses fantasmes pour vérités, d’un désir toujours renouvelé, d’une quête jamais assurée ? Je me trouvais dans ses mots et je me perdais encore sur sa bouche quand elle ne finissait pas ses phrases, je les retrouvais dans ma bouche. Elle m’apprenait des mots d’amour et les codes de la cour, comment parler et comment agir. Pourtant, elle s’étonne de cet enchantement qui m’attire. Ses yeux lisent dans les miens, et sur ses lèvres je vois un sourire. Est-ce le sourire amusé de Guenièvre devant l’innocence du premier amour ? Est-ce à jeu, à gas, ou bien le sadisme d’une dame face aux souffrances d’un martyr ? Elle m’apprend à aimer et s’étonne de me voir aimer. Mais ne raconte-t-elle pas après ce supplice que j’encoure ? Je l’entends me parler d’amour et en croyant que ses mots s’adressent à moi je m’enfonce à mon tour. Je ne peux vous en vouloir, ma dame,  je suis le nouveau fin’amant dans une quête sans retour.


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